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Camille Bondon a ouvert un Département du Plaisir, sait Faire parler les livres et est en train de prendre la Mesure du Temps. Elle aime régulièrement (se) raconter des histoires, a imprimé un abrégé visuel capable de parler de tout à l’aide de flèches et propose de vous faire faire une Histoire des histoires en moins d’une demis-heure.

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Camille Bondon 

par Guillaume Désanges

publié dans le catalogue du 61e Salon de Montrouge – 2016

Camille Bondon est une institution à elle toute seule. Un centre culturel mobile avec bibliothèque, archives, service des publics, auditorium et programme culturel (calendrier des rencontres sur demande). Le conglomérat multiservice développe aussi une branche conseil, proposant par exemple, par une méthodologie suggestive d’interprétation de dessins élémentaires, de construire un discours critique sur des situations spécifiques. Bref, Camille Bondon peut presque tout pour vous. Son travail à la fois proliférant, rigoureux et parfaitement classifié relève d’une sorte d’économie tertiaire bricolée, dans une autonomie totale de la production à la monstration. Une « intégration verticale » de l’économie appliquée à la création artistique. Par des éditions, des conférences-performances ou des installations documentaires, l’œuvre traite des processus de production de pensée et de savoir, individuels et collectifs, et la manière plus ou moins fortuite dont ils recyclent des données existantes. Emprunt, pillage, modification, agencement, réduction mais aussi libre association d’idée et intuition sont quelques-unes des stratégies enchevêtrées qui permettent le déploiement d’une pensée, que le travail de Camille Bondon pointe et pratique avec un humour distancié.